Modèle de contrat CDD restauration — extra, saisonnier, remplacement, prêt à signer
Vous embauchez en CDD dans un café, un restaurant ou un hôtel et vous avez besoin d'un contrat solide. La restauration cumule les particularités : c'est l'un des rares secteurs autorisé à recourir au CDD d'usage — le fameux contrat d'extra —, elle relève intégralement de la convention collective HCR, et elle mélange au quotidien extras, saisonniers et remplacements qui n'obéissent pas aux mêmes règles. Surtout, tous ces contrats n'ouvrent pas droit à la prime de précarité, contrairement à une idée répandue. Ce modèle reprend toute la rigueur du CDD (motif de recours, terme, mentions obligatoires) et y ajoute les spécificités de la restauration.
Comme tout CDD, le contrat doit être écrit, transmis dans les deux jours ouvrables et justifié par un motif précis : à défaut, c'est la requalification en CDI. Dans la restauration, où l'on enchaîne services, banquets et coups de feu, le recours répété au contrat d'extra est le piège le plus fréquent. Ce modèle est à jour des obligations en vigueur. Vous le personnalisez, vous l'envoyez à signer, votre salarié signe en ligne — avant le service, depuis son téléphone, dans les délais.
Aperçu du modèle

Le modèle couvre l'identification des parties, le motif de recours précis (extra, saisonnier, remplacement) et, le cas échéant, le salarié remplacé, l'intitulé du poste et sa classification dans la grille de la convention collective HCR, le terme du contrat, la durée et le temps de travail, la rémunération brute, la période d'essai, l'indemnité de fin de contrat lorsqu'elle est due, la mutuelle et la prévoyance. Toutes les sections sont pré-rédigées avec des variables à compléter.
Le CDD dans la restauration : un cadre classique avec des spécificités fortes
Le contrat à durée déterminée conclu dans la restauration obéit aux mêmes règles fondamentales que tout CDD : il est régi par le Code du travail (articles L1242-1 et suivants), réservé aux besoins temporaires, et ne peut pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise. Il doit être écrit, motivé, et transmis dans les deux jours ouvrables.
Mais la restauration ajoute plusieurs couches de spécificité qui changent la rédaction du contrat : la possibilité de recourir au CDD d'usage (contrat d'extra), une convention collective unique pour tout le secteur (la convention HCR), et des règles particulières sur la prime de précarité qui ne s'applique pas à tous les contrats. Un modèle de CDD générique ignore ces points — et c'est précisément là que les contrats de la restauration dérapent.
Avant même de rédiger, une question doit être tranchée : de quel type de CDD avez-vous besoin ? Extra, saisonnier ou remplacement n'ouvrent pas les mêmes droits.
Extra, saisonnier, remplacement : ne pas confondre
C'est la confusion la plus répandue dans le secteur. Les trois contrats coexistent dans une même brigade, mais leurs règles diffèrent — notamment sur la prime de précarité.
Le contrat d'extra (CDD d'usage)
La restauration figure parmi les secteurs où l'employeur peut recourir au CDD d'usage (article D1242-1 du Code du travail), pour un emploi par nature temporaire qu'il est d'usage de ne pas pourvoir en CDI. C'est le contrat d'extra : il couvre un seul service, un banquet ou un événement, et peut durer de quelques heures à quelques jours. Particularité majeure : il n'ouvre pas droit à l'indemnité de fin de contrat (article L1243-10).
Le CDD saisonnier
Pour les établissements liés à une activité saisonnière (stations balnéaires, stations de montagne, zones touristiques), le motif saisonnier permet d'embaucher sur une saison définie. Comme le CDD d'usage, il n'ouvre pas droit à la prime de précarité. Le contrat peut prévoir une clause de reconduction d'une saison sur l'autre.
Le CDD de remplacement (CDD classique)
Pour remplacer un salarié absent (maladie, congé maternité, congés payés), c'est un CDD classique : motif de remplacement avec mention du salarié remplacé, durée liée à l'absence, et prime de précarité de 10 % due en fin de contrat. C'est le seul des trois motifs courants en restauration qui y donne droit.
💡 À retenir
Si votre besoin est ponctuel et imprévisible (un soir, un banquet), c'est un contrat d'extra. Si votre besoin couvre une période d'activité régulière et prévisible, c'est un saisonnier. Si vous remplacez une personne précise absente, c'est un CDD de remplacement. Seul ce dernier ouvre droit à la prime de précarité. Employer un « extra » tous les week-ends pendant des mois n'est plus un besoin ponctuel : c'est un motif classique de requalification en CDI.
Les motifs de recours au CDD dans la restauration
Dans la restauration, le CDD repose le plus souvent sur trois motifs. Le motif doit figurer précisément dans le contrat, sous peine de requalification.
- Le CDD d'usage (contrat d'extra) : c'est le motif emblématique du secteur. Un emploi par nature temporaire, pour un service, un banquet ou un événement ponctuel. Attention : il ne doit pas masquer un besoin permanent de main-d'œuvre.
- L'emploi saisonnier : pour une activité qui se répète chaque année à dates à peu près fixes, en fonction du rythme des saisons touristiques.
- Le remplacement d'un salarié absent (maladie, congé maternité, congé payé), avec mention du nom et de la qualification du salarié remplacé.
- L'accroissement temporaire d'activité : un surcroît exceptionnel et non durable (ouverture d'une terrasse, événement particulier).
À l'inverse, le CDD reste interdit pour remplacer un salarié gréviste et pour pourvoir durablement un emploi permanent. Le recours abusif au contrat d'extra pour couvrir un poste permanent est la cause de requalification la plus fréquente du secteur.
La convention collective applicable : les HCR
La quasi-totalité des cafés, hôtels et restaurants relèvent de la convention collective nationale des Hôtels, Cafés, Restaurants (HCR, IDCC 1979). Le contrat doit la mentionner explicitement, ainsi que la position du salarié dans la grille.
La convention HCR fixe notamment la grille de classification et de salaires minima par niveau et échelon, la durée du travail et les heures supplémentaires, les coupures, le régime des jours fériés, les avantages en nature (repas) et la mutuelle. Le contrat doit indiquer la convention applicable et la position du salarié dans la grille (niveau, échelon). Le modèle Charta intègre ces champs.
Avantage en nature repas et durée du travail
Dans la restauration, le salarié présent aux heures de repas bénéficie en principe d'un avantage en nature nourriture, évalué forfaitairement et soumis à cotisations. Le contrat et le bulletin de paie doivent en tenir compte, que le repas soit fourni ou indemnisé. C'est une spécificité que les modèles génériques ignorent.
La convention HCR encadre par ailleurs la durée du travail, les coupures (interruptions entre deux services) et le décompte des heures supplémentaires, souvent plus favorables ou plus précis que le seul Code du travail. Pour un salarié en CDD, ces règles s'appliquent à l'identique d'un salarié permanent et doivent être respectées dès le premier service.
À ne pas oublier
La mention de la convention HCR, de la classification du salarié, de l'avantage en nature repas et de l'organisme de mutuelle/prévoyance fait partie des informations à porter au contrat. Leur absence est une source d'irrégularité fréquente dans les CDD de la restauration.
La prime de précarité : due ou non selon le contrat
C'est le point le plus mal compris du secteur. L'indemnité de fin de contrat de 10 % de la rémunération brute totale n'est pas due pour le CDD d'usage (contrat d'extra) ni pour le CDD saisonnier (article L1243-10 du Code du travail). Un extra ou un saisonnier ne perçoit donc pas de prime de précarité.
En revanche, elle est due pour un CDD de remplacement ou d'accroissement temporaire d'activité, comme pour tout CDD classique, sauf exceptions (poursuite en CDI, refus d'un CDI équivalent par le salarié, rupture anticipée à son initiative ou pour faute grave). Le modèle calcule et affiche l'indemnité uniquement lorsque le motif y donne droit, pour éviter aussi bien l'oubli que le versement injustifié.
Période d'essai, délai de carence et requalification
La période d'essai
Elle se calcule comme pour tout CDD : un jour par semaine de contrat, dans la limite de deux semaines pour une durée initiale inférieure ou égale à 6 mois et d'un mois au-delà. Pour un contrat d'extra de quelques heures, la période d'essai est en pratique inexistante ou symbolique. La convention HCR peut prévoir des règles propres qu'il convient de vérifier.
Le délai de carence
Pour un CDD classique (remplacement, accroissement d'activité), le délai de carence s'applique entre deux contrats sur le même poste : un tiers de la durée du contrat précédent si elle atteignait quatorze jours, la moitié sinon. Le CDD d'usage et le CDD saisonnier en sont en revanche dispensés, ce qui permet d'enchaîner les extras et les saisons.
Le risque de requalification
C'est le risque numéro un de la restauration. Un « extra » employé de façon régulière et prévisible sur le même poste ne correspond plus à un besoin ponctuel : les conseils de prud'hommes requalifient alors la succession de contrats d'extra en CDI, avec rappels de salaire, indemnités et prime de précarité à la clé. La règle d'or : l'extra doit rester réellement occasionnel et imprévisible.
Pourquoi ce modèle plutôt qu'un CDD générique pour la restauration
Un modèle de CDD standard téléchargé sur Internet ne connaît ni le CDD d'usage, ni la convention HCR, ni l'avantage en nature repas, ni les règles particulières de prime de précarité selon le motif. Résultat : des mentions oubliées, une convention erronée, une indemnité versée à tort ou oubliée, un motif fragile — autant de portes ouvertes à la requalification, particulièrement coûteuse dans un secteur à très forte rotation.
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Questions fréquentes sur le contrat CDD dans la restauration
Qu'est-ce qu'un contrat d'extra et combien de temps peut-il durer ?
Le contrat d'extra est un CDD d'usage : la restauration fait partie des secteurs où la loi autorise ce type de contrat pour un emploi par nature temporaire (article D1242-1 du Code du travail). Il couvre un besoin ponctuel et imprévisible — un service, un banquet, un événement — et peut durer de quelques heures à quelques jours. S'il se répète de façon régulière et prévisible sur le même poste, il ne correspond plus à un besoin temporaire et risque la requalification en CDI.
Un extra a-t-il droit à la prime de précarité ?
Non. Le CDD d'usage (contrat d'extra) est expressément exclu de l'indemnité de fin de contrat par l'article L1243-10 du Code du travail. Il en va de même pour le CDD saisonnier. En revanche, un CDD de remplacement ou d'accroissement temporaire d'activité, qui est un CDD classique, ouvre bien droit à la prime de précarité de 10 % de la rémunération brute totale, sauf exceptions.
Quelle convention collective s'applique à un CDD en restauration ?
La quasi-totalité des cafés, hôtels et restaurants relèvent de la convention collective nationale des Hôtels, Cafés, Restaurants (HCR, IDCC 1979). Elle fixe la grille de classification et de salaires minima, la durée du travail, les coupures, le régime des jours fériés, l'avantage en nature repas et la mutuelle. Le contrat doit mentionner cette convention ainsi que la classification du salarié (niveau, échelon), qui détermine son salaire minimum. La restauration collective relève d'une convention distincte.
Quelle différence entre un contrat d'extra et un CDD saisonnier ?
Le contrat d'extra (CDD d'usage) couvre un besoin ponctuel et imprévisible, comme un seul service ou un banquet. Le CDD saisonnier couvre une période d'activité régulière et prévisible qui revient chaque année, comme la saison d'été en bord de mer ou la saison d'hiver en station. Aucun des deux n'ouvre droit à la prime de précarité, et tous deux sont dispensés du délai de carence, mais leur motif et leur durée sont différents et doivent être correctement indiqués dans le contrat.
Un CDD de remplacement en restauration donne-t-il droit à la prime de précarité ?
Oui. Le CDD de remplacement est un CDD classique : à son échéance, l'indemnité de fin de contrat de 10 % de la rémunération brute totale est due, sauf exceptions (poursuite en CDI, refus d'un CDI équivalent par le salarié, rupture anticipée à son initiative ou pour faute grave). Le contrat doit mentionner le nom et la qualification du salarié remplacé, et sa durée est liée à celle de l'absence.
L'avantage en nature repas doit-il figurer au contrat ?
Oui. Dans la restauration, le salarié présent aux heures de repas bénéficie en principe d'un avantage en nature nourriture, évalué forfaitairement et soumis à cotisations, que le repas soit fourni en nature ou indemnisé. Le contrat de travail et le bulletin de paie doivent en tenir compte. C'est une spécificité du secteur que les modèles de CDD génériques ne prévoient pas.
Peut-on enchaîner plusieurs contrats d'extra avec la même personne ?
C'est possible tant que chaque contrat correspond à un besoin réellement ponctuel et imprévisible, et le CDD d'usage est dispensé de délai de carence. Mais attention : si la même personne est employée de façon régulière et prévisible sur le même poste (par exemple tous les week-ends pendant plusieurs mois), le recours n'est plus justifié par un besoin temporaire. Les prud'hommes peuvent alors requalifier la succession d'extras en CDI, avec rappels de salaire et indemnités à la clé. C'est le risque principal du secteur.
Ce modèle de contrat CDD restauration est-il gratuit et à jour 2026 ?
Oui. Le modèle de contrat CDD restauration est accessible gratuitement dans la bibliothèque Charta et intègre les exigences en vigueur du Code du travail ainsi que les spécificités du secteur (CDD d'usage, convention HCR, avantage en nature repas, règles de prime de précarité selon le motif). Vous pouvez le personnaliser et générer votre contrat sans frais. L'envoi en signature électronique eIDAS est disponible sur les plans payants (à partir de 15 €/mois), mais vous pouvez aussi exporter le PDF. Pour une situation spécifique, une relecture par un professionnel du droit social reste recommandée.
Embauchez en CDD dans la restauration en toute sécurité
Choisissez le type de CDD (extra, saisonnier, remplacement) et la classification HCR. Le modèle int ègre les mentions du secteur (convention HCR, avantage en nature repas, mutuelle) et gère la prime de précarité selon le motif. Envoyez à signer dans les deux jours, votre salarié signe en un clic avant le service. Le contrat est archivé, horodaté, avec son échéance suivie.
